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Afrique de l'ouest : Le faux combat de la junte malienne contre Ouattara

Afrique de l'ouest : Le faux combat de la junte malienne contre Ouattara
Publié le: 12 février 2022
Assimi Goïta peut encore se ressaisir

Temps de lecture : 3 minutes 

 

Abidjan le 12 février 2022 (infoplus.ci)-Les autorités maliennes en veulent terriblement au président ivoirien, Alassane Ouattara. En moins d'un mois, deux bandes sonores ont été rendues public. La première était l'intervention du président Ouattara lors du sommet par visio-conférence de la Cedeao. La seconde est celle d'un échange téléphonique entre le chef de l'Etat ivoirien et l'ancien Premier ministre malien, Babou Cissé. Manifestement, tout est mis en œuvre pour susciter la haine de Ouattara dans le cœur des Maliens et plus généralement dans le cœur des ressortissants ouest africains.

 

"Un acharnement insensé" 

 

Pourquoi tant d'acharnement contre Alassane Ouattara ? Surtout que celui-ci n'est ni président en exercice de la Cedeao, ni de l'Union africaine. La Côte d’Ivoire, bien que influente dans la Communauté des État ouest africains, n'est pas le premier, puisque le géant nigerian est une pièce maîtresse de la Cedeao. D'ailleurs, le médiateur dans la crise malienne est Goodluck Jonathan, ancien président nigerian. Dès lors, il est difficile de comprendre que le Ghana, dont le président préside la Cedeao soit ignoré au profit du président ivoirien. Au demeurant, les décisions de la Cedeao contre la junte malienne ont été validées par 12 États.

 

"Une campagne d'intox sous-régionale en marche" 

 

On peut comprendre que le président Ouattara a une grande influence dans la sous-région. Son pays joue un rôle important dans l'Union monétaire ouest africaine et il a l'expérience des crises, étant donné qu'il en a géré de plus complexes en Côte d'Ivoire. Mais de là à le stigmatiser et tenter de le détruire, ça fait un peu trop. Les révélations des bandes sonores sont le début d'une vaste campagne d'Adobashing soigneusement préparée par les autorités maliennes. Et pour cause, Alassane Ouattara est considéré comme le président le plus craint. D'un, son pays est stratégique dans les échanges commerciaux avec le Mali. De deux, il maîtrise les rouages des relations financières internationales. Par ailleurs, la junte a buté sur l'intransigeance de Ouattara, qui a clairement fait savoir qu'il ne soutiendra pas une longue transition. Ajouté à cela le refus d'Abidjan de livrer Karim Keita, fils du défunt IBK, le président malien chassé du pouvoir alors qu'il exerçait son second mandat. De trois, la Côte d'Ivoire est considéré comme le coeur des opérations barkane de la France, puisqu'elle abrite l'une des bases militaires française la plus importante. Déstabiliser la Côte d'Ivoire, ou du moins, l'inciter à faire profil bas est désormais l'objectif des nouveaux locataires du Palais du Koulouba malien.

 

"Il n'est pas encore tard pour Assimi Goïta" 

 

Le Mali a tout faux. Ni le président Ouattara, ni la Côte d'Ivoire ne sont contre le Mali. Bien au contraire, ce pays abrite une importante communauté malienne qui contribue fortement au développement économique de leur pays. Le président Ouattara est également mobilisé pour trouver une issue favorable à la crise malienne. La junte militaire gagnerait à revoir sa stratégie, parce qu'elle la fera perdre. Car, une crise entre ce pays et la Côte d'Ivoire, ajoutée à la pression de la Cedeao ne fera qu'empirer la situation des militaires au pouvoir. Les sanctions commencent déjà à faire leurs effets et dans quelques semaines, les militaires devront faire face à une situation sociale explosive. Car, si leurs partisans peuvent encore manifester, c'est bien parce qu'ils n'ont pas encore commencé à sentir véritablement les effets des sanctions. Quand viendra le moment de la grande difficulté, les mêmes manifestants seront dans la rue, cette fois, pour réclamer "des conditions de vie plus souples". Quand viendra ce moment, la Russie sera encore bien loin. Et Assimi Goïta n'aura que ses galons pour pleurer. Il est encore temps de faire marche arrière.

Jean-Baptiste KOUAME