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Cafouillage à l’aéroport : Simone, humiliée, négocie une accolade

Cafouillage à l’aéroport : Simone, humiliée, négocie une accolade
Publié le: 17 juin 2021
Simone Gbagbo aurait dû rester chez elle

La scène n’a pas échappé à l’observateur averti. Bien que Laurent Gbagbo ait demandé à sa première épouse de ne pas faire le déplacement à l’aéroport pour l’accueillir, Simone Gbagbo y est allée tout de même. Dans l’espoir d’obtenir un signe d’affection, elle a finalement été humiliée. Dans une vidéo qui présente la scène, on y voit un Gbagbo, visiblement affaibli, demandé à Simone de ‘’s’en aller’’. D’un signe du doigt vers son oreille droite, il semblait ajouter : « quand on te parle, tu n’écoutes pas ! ». Simone, sentant la situation lui échapper, sollicite son gendre, Stéphane Kipré, qui frayait un passage pour l’ancien président. Stéphane s’approche et tend l’oreille. La Première dame lui chuchote quelque chose et Kipré se redresse. Gbagbo dit qu'il a compris et lui demande de s'en aller. La foule massée au bas des escaliers devient de plus en plus compacte. Simone y est subitement englouti. Des témoins de la scène disent l’avoir aperçu, marchant la tête basse en direction de son véhicule. De son époux qu’elle a perdu de vue depuis 10 ans, elle n’aura obtenu qu’une accolade furtive, juste bonne pour être immortalisée et célébrée par ses partisans. Pourtant, la réalité, implacable, est celle-ci : Laurent Gbagbo a tourné la page Simone.

Quant au comité d’organisation, il a failli. Incapable de sécuriser le retour, il a laissé prospérer le désordre et le cafouillage. Il était quasiment difficile, voire impossible pour l’ex-chef d’Etat d’avancer. Du fait des difficultés qu’il éprouvait à marcher, Gbagbo était soutenu par son gendre, Stéphane Kipré, sa seconde épouse, Nady Bamba et son ancien chef de cabinet, Kuyo Téa. Il était prévu un discours au pavillon présidentiel. Mais vu l’état physique de l’ex-président ivoirien, cette étape a été biffée. Du salon d’honneur, Laurent Gbagbo s’est engouffré dans le véhicule mis à sa disposition pour disparaitre, laissant pantois les chefs traditionnels et la flopée de partisans dans la cours du pavillon présidentiel. Ceux-ci ont assisté, quelque peu désarçonnés, au départ de celui pour lequel ils ont attendu depuis la matinée.

Yves TAPE