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CI : Gbagbo humilie Simone !

CI : Gbagbo humilie Simone !
Publié le: 17 juin 2021
Gbagbo humilie son épouse

L’image est saisissante. Et pourtant, elle ne devrait pas surprendre. Selon Me Rodrigue Dadjé, avocat, l’ex-chef d’Etat, Laurent Gbagbo, a dépêché Léon Monnet Emmanuel auprès de sa première épouse, Simone Gbagbo, pour lui signifier de ne pas faire le déplacement à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny pour l’accueillir. Rodrigue Dadjé est l’avocat de Simone Gbagbo. Plus qu’un avocat, il est proche de l’ex-Première dame qu’il défend depuis que le Front populaire ivoirien (Fpi) est au pouvoir. Gbagbo humilierait Simone qu’il ne s’y prendrait pas autrement. D'abord, à travers cette annonce via son émissaire, ensuite, à travers une série de vidéo publiée par ses partisans, dans laquelle on voit sa seconde épouse à ses côtés pendant l'embarquement pour la Côte d'Ivoire, ce jeudi 17 juin 2021. Cette attitude de l’ancien président ivoirien est la suite logique d’un certains nombre d’actes qu’il a posé.

 

"Le communiqué qui chamboule tout"

 

Assoa Adou était le véritable patron du Fpi
Assoa Adou était le véritable patron du Fpi 

 

Décès de Abou Drahamane Sangaré. 3 novembre 2018, Abou Drahamane Sangaré, premier vice-président du Fpi, décède à Abidjan. C’est lui qui assurait l’intérim de Laurent Gbagbo dans les liens de la détention à la Cour pénale internationale (Cpi). Après le décès, et pendant qu’on s’attendait à la poursuite de l’intérim avec la deuxième vice-présidente, l’’ex-chef d’Etat, toujours en détention, annonce, mi-novembre 2018, avoir pris les rênes de son parti. Il produit un communiqué à cet effet depuis la Cpi : « Après des séances de travail avec le président du Comité de contrôle, le camarade Hubert Oulaye et le Secrétaire général Assoa Adou, et dans un souci de rassemblement et de repositionnement du parti, j’ai pris les décisions suivantes. Il n’y a plus d’intérim. J’assume pleinement la direction du parti. Conformément à nos statuts, je déciderai de la convocation des réunions des instances statutaires, qu’il reviendra aux vice-présidents, dans le respect de l’ordre hiérarchique, de présider. La mise en œuvre des décisions, la gestion et l’administration du parti au quotidien continueront d’être assurées par le Secrétaire général du parti, le camarade Assoa Adou, avec lequel je suis en rapport constant », écrit Gbagbo himself. Le communiqué est on ne peut plus clair : désormais, c’est lui, Gbagbo, qui décide de tout. Et il revient à Assoa Adou de faire vivre le parti par la mise en œuvre des décision que lui, Gbagbo, aura prises. Et Simone ? Elle devra se contenter de présider les réunions, sans plus ! Dans les faits, c’est encore plus grave, selon des sources bien introduites au Fpi. Assoa Adou convoque les réunions au nom de Gbagbo et les préside. Dans de nombreux cas, Simone n’est pas associée ou quand elle y est, ses décisions sont mises en minorité. Quand elle convoque une réunion, soit son ordre du jour est contesté, soit le choix du lieu de la réunion est contesté. De sorte que la deuxième vice-présidente du Fpi a commencé à prendre ses distances.

L’humiliation de la résidence de Mama

 

6 février 2019. Simone Gbagbo entame une tournée dans le pays profond, qui la conduit à Mama, dans le département de Ouragahio. Elle souhaite se rendre à la résidence de son époux, alors en jugement à la Cour pénale internationale (Cpi). La chefferie traditionnelle lui demande poliment de se référer à Michel Gbagbo, premier fils de Laurent Gbagbo pour une autorisation. Ce que Simone fait. Au bout du fil, Michel l’invite à patienter, le temps, pour lui, de joindre son géniteur à la Haye. Quelques minutes plus tard, il indique à Simone que son père refuse qu’elle accède à la résidence. Simone est abattue. Des larmes perlent sur son visage. Avec sa délégation, elle quitte Mama, le cœur lourd. Toutefois, elle garde espoir que la situation pourrait s’arranger. L’ex-première dame, considérée comme une dure dans son parti, donne des instructions pour que cette humiliation ne soit pas rendue publique. Elle poursuit sa tournée et rentre à Abidjan.

 

"Le projet du divorce irréversible" 

 

Le processus du divorce est irrésistible
Le processus du divorce est irréversible 

 

Le projet du divorce. Laurent Gbagbo met la pression. Manifestement, il ne veut plus de sa première épouse. Il confie le dossier du divorce à un collège d’avocat. Entre lui et Simone, il n’y a plus de coup de fil. Les deux conjoints se parlent via un ami du couple. Celui-ci fait part à Simone Gbagbo de la volonté de son époux de rompre définitivement les liens. L’ex-Première dame refuse de signer les documents du divorce. Le marathon judiciaire dure depuis plus de deux ans. D’aucuns affirment que Simone aurait mis dans la balance du divorce sa montée en puissance dans le parti. Chose que refuserait Laurent Gbagbo, qui considère cette contrepartie comme un chantage. Me Rodrigue Dadjé, devenu moins bavard depuis la guerre du couple, a confié à des proches que le processus du divorce est irreversible, voir achevé. Vrai ou faux ? Difficile, pour le moment, de le dire. Seule certitude, Nady Bamba, la seconde épouse de Gbagbo, est désormais la préférée. Pendant qu’il invite Simone à ne pas faire le déplacement à l’aéroport pour l’accueillir, l’ancien président rentre de Bruxelles avec Nady Bamba avec laquelle il s’affiche.

Yves TAPE